
Projets écrits

Fred Pirat
Auteur • Réalisateur
L’idole de Nara
Scénario de mini-série • FR • EN
Comédie sentimentale + Thriller économique • France & Japon
Lorsqu’un jeune enseignant parisien découvre qu’il est devenu une star au Japon à cause d’une pub improbable, il plonge malgré lui dans un tourbillon de manigances économiques et de romance inattendue entre Paris et Osaka.
Le travail de l’âme
Scénario unitaire long métrage de fiction
Laura Fleming, 15 ans, orpheline rebelle et attachante, a une tumeur cérébrale incurable. Le Professeur Attali s’apprête à réaliser une prouesse chirurgicale à haut risque pour la sauver. Alors que le monde retient son souffle, deux destins s’entrecroisent.
Une voix que je ne connais pas
Scénario de pièce de théâtre / film de long métrage unitaire. Comédie.
Le soir de Noël, un homme monte sur le toit de la banque, l’unique gratte-ciel de la ville, dans l’intention de se jeter dans le vide. Dommage, il n’est pas seul…

En cours d’écriture

Si près du paradis
> Long métrage. Comédie, conte.
Outrageusement intelligent
> Roman • Comédie.
La molécule Lienotov
> Roman. Drame, politique fiction.

Docu radio – 55 minutes – France Culture.
Réalisation François Teste
1910. A l’âge où ses semblables sont assis sur les bancs d’une école parisienne, Marie Delos galope dans les plaines du Montana. À 95 ans, elle nous confie les souvenirs émouvants d’une petite fille qui a vécu la conquête de l’Ouest.
Livre – Éditions Maxima / Dunod
Comment gérer un projet de vidéo au sein d’une activité d’entreprise ? A quoi peut servir l’outil vidéo ? Loin des idées reçues, ce livre explore la portée et la puissance de cet outil de communication fréquemment sous-employé dans l’entreprise.
Biographie

Fred Pirat sort de l’école Louis Lumière en 1988.
Après un an au Centre Culturel Français de Yaoundé, Cameroun, il s’intègre aux équipes des grandes chaînes de TV (« Les Jeux Olympiques d’Albertville », « La marche du siècle », « Les nuls, l’émission », Roland Garros, …).
En parallèle, il cultive sa passion pour l’écriture. Il écrit d’abord pour la radio et coréalise avec Jacques Taroni pour France Culture en 1995, « Mon Dieu qu’avons-nous fait ? », une fiction radiophonique d’un genre inédit.
Le numérique envahit les studios ; Il bifurque vers cette discipline pleine de promesses, participe au développement de startups américaines dans le domaine de l’édition de logiciels tout en découvrant l’image de synthèse et le Digital.
A partir de 2007, il produit des courts métrages, des images de synthèse, écrit et réalise des films d’entreprise, des œuvres pour la radio, explore les nouveaux usages et se tient à la pointe de l’innovation dans les technologies de l’image et du son.
Depuis 2013, tout en maintenant une activité d’écriture, de réalisation et de production, il enseigne la fabrication de contenus audiovisuels, les effets visuels et la 3D au sein du pôle technologique de l’Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines (UVSQ).

Films
Hipolyte
Court métrage, comédie. (5min, FR, Sub EN)
Le Modéliste
Court métrage documentaire, portrait • 4:32 • FR sub EN
Shades of Blue
Série de clips musicaux.
Courts métrages écrits par Fred Pirat, co-produits avec l’Univeristé de Versailles St Quentin (UVSQ), tournés avec une équipe d’étudiants
Bref, je suis allé dans l’espace
Court métrage de fiction, comédie • 5min, FR, Sub EN • Prix de la meilleure comédie au Paris Play Festival
Le dernier livre
Court métrage de fiction, drame, science-fiction • 7:35, FR, Sub EN
Court métrage de fiction, comédie, science-fiction • 7:52, FR, Sub EN

Rencontre

Gaspard Martineau Fred Pirat, votre parcours d’écriture s’étend sur trois décennies, de la radio au cinéma en passant par l’enseignement. Comment définiriez-vous votre approche de l’écriture ?
Fred Pirat J’écris pour savoir qui je suis, dans un monde qui ne sait pas où il va. Ça devrait suffire comme raison d’écrire (rires). Je vois se dérouler sous mes yeux un gigantesque paradoxe : pour être heureux, il devrait suffire d’être en vie. Alors pourquoi courons-nous partout et tout le temps ? Pourquoi avons-nous besoin de toujours plus ? Pourquoi nos sociétés deviennent-elles si compliquées, jusqu’à au moment où elles sont immaîtrisables, et restent dans cet état ? Pourquoi l’être humain, et les hommes plus que les femmes j’ai l’impression, sont-ils d’insatiables apprentis-sorciers ?
Mes histoires naissent de ces interrogations. Que ce soit en 1995 avec « Mon Dieu qu’avons-nous fait ? » pour France Culture, ou aujourd’hui avec mes projets cinématographiques, j’ai l’impression de m’assoir au bord du monde et de l’observer en train de se dépêcher dans tous les sens. Et puis on écrit beaucoup avec son inconscient aussi. Fondamentalement. Au-delà des méthodes, des outils, de la structuration nécessaire. Et ça c’est formidable ! Sans cette démesure incongrue, je n’écrirais pas je suppose.

GM Votre parcours est particulièrement éclectique : de France Culture aux startups américaines, des Jeux Olympiques d’Albertville à l’innovation technologique. Comment ces expériences nourrissent-elles votre plume ?
FP Chaque expérience m’a appris quelque chose sur les mécanismes humains. Sur un plateau télé, j’observais comment les gens se transforment face à la caméra. Dans les startups américaines, j’ai vu des entrepreneurs vendre des rêves tout en cachant leurs doutes. Au Cameroun, j’ai découvert d’autres façons de vivre et de raconter. Mais ce qui me frappe le plus aujourd’hui, c’est mon travail dans les entreprises où je fabrique des vidéos. J’y constate que toute forme d’émotion et d’art y est proscrite. Les gens s’auto-censurent. Il y a le travail, une sorte d’apnée de la dimension humaine de chacun, et puis une autre vie à la minute où on en sort. Tout le monde semble se satisfaire de cette vie en tranches. Moi, non. Je m’emporte partout où je vais.
GM L’humour semble central dans votre approche. Comment l’utilisez-vous ?
FP (Rires) Je suis un peu comme ça dans la vie : je gomme spontanément les conflits avec l’humour, et ça fonctionne très bien ! Enfin pas tout le temps, mais souvent. Faire passer des messages importants ou graves par l’humour, c’est une façon de désarmer les résistances. Dans « Une voix que je ne connais pas », quatre personnes viennent pour se suicider sur un toit, mais finalement elles se découvrent, en riant de leurs propres contradictions. L’humour révèle des vérités qu’on n’oserait pas dire autrement. On peut aborder les sujets les plus sombres si on trouve le bon angle et le bon moment, en toute délicatesse, ce n’est pas une recette de cuisine. L’humour ne cache pas le réel. Il le rend acceptable, sucré.
GM Cette observation sur le monde de l’entreprise influence-t-elle vos histoires ?
FP Énormément ! Dans « Une voix que je ne connais pas », Vincent fuit dans le travail pour éviter de se confronter à lui-même. Dans « L’idole de Nara », Dorian découvre qu’il peut exister différemment, loin des cadres qu’on lui impose. Cette schizophrénie entre vie professionnelle et vie privée m’interroge profondément. Pourquoi les décideurs ne développent-ils jamais ces relations humaines ? Les masques règnent en maîtres dès que vous passez la porte d’un lieu de travail. C’est une énigme pour moi.
GM Vous enseignez à l’Université de Versailles depuis 2013. Cette expérience pédagogique influence-t-elle votre écriture ?
FP Mes étudiants me confrontent à des questions essentielles sur l’art et sa fonction. À quoi sert l’art ? Ils grandissent dans un monde d’apparences, de filtres, de performances constantes. Et pourtant, ils cherchent autre chose. Cela confirme ma conviction que sans l’art, on ne peut pas vivre. Tous les arts m’intéressent, de plus en plus d’ailleurs. Je ne comprends pas pourquoi, mais je cherche des réponses. Mon activité professionnelle me place à la croisée de plusieurs formes d’expression et j’en suis très heureux. Mes étudiants tiennent une place importante dans ce brassage, ils en sont la fraîcheur et les étincelles. J’ai beaucoup écrit pour eux, avec eux parfois.
GM Justement, comment naviguez-vous entre ces différents arts ?
FP Si l’audiovisuel et le cinéma restent mon mode d’expression préféré, je cherche aussi des voies du côté des arts graphiques et du théâtre. « Une voix que je ne connais pas » est d’ailleurs conçu comme une pièce ET comme un film. Cette hybridation m’intéresse, déjà pour la performance d’acteurs, et aussi pour la mise en scène. La technologie m’offre une liberté créative : pour ce projet, la dissociation des personnages et des décors me permet de créer une ville nocturne poétique. Faire du beau cinéma avec les moyens du théâtre. Les lumières de la ville sont en fait le 5ème personnage.

GM Parlons de vos projets actuels. Entre « Une voix que je ne connais pas », « L’idole de Nara » et « Le travail de l’âme », on découvre des univers très différents…
FP Ces trois projets partent tous d’une même méthode : une situation extrême qui révèle quelque chose d’essentiel. « Une voix que je ne connais pas » réunit quatre personnes sur un toit, venues pour se suicider, chacune de son côté. En réalité, c’est une comédie dramatique sur l’imposture : Albert se ment sur sa relation amoureuse toxique, Isabelle cache son amour d’enfance dans une colère de fond, Vincent fuit ses difficultés conjugales dans le travail, et Woody est littéralement un imposteur professionnel — un faux psychologue qui va paradoxalement aider les autres à enlever leurs masques.
« L’idole de Nara », c’est l’histoire d’un professeur d’histoire parisien, Dorian, qui devient une icône pop au Japon à son insu, à cause d’une photo volée. …
… C’est une mini-série franco-japonaise qui interroge la notion de destinée : qu’arrive-t-il quand la célébrité vous tombe dessus sans que vous l’ayez demandée ? Que peut-on réellement choisir dans la vie ? Dorian va devoir « apprendre à vouloir », comme dit Sénèque. C’est aussi un hommage au métier de professeur, souvent caricaturé.
« Le travail de l’âme », est peut-être le plus audacieux : une fiction unitaire dramatique qui pose une question scientifique et philosophique vertigineuse. Qu’est-ce que la conscience ? Peut-on la transplanter ? C’est basé sur l’état de l’art scientifique actuel, sans ésotérisme, mais ça ouvre sur des questionnements métaphysiques énormes. Comme dans ma fiction radio de 1995, l’action d’un seul homme va avoir un impact mondial démesuré. Et j’adore cette petite ingénue de 16 ans, qui manipule son monde avec la candeur de l’enfance. Au milieu de contraintes écrasantes, c’est un personnage merveilleux.
GM Votre méthode d’écriture semble privilégier les contraintes…
FP Les contraintes révèlent l’essentiel. Quand on ne peut plus fuir, on est obligé de se confronter à soi-même. Pour « Le travail de l’âme », la contrainte était scientifique et philosophique. Je veux créer une alchimie entre précision technique et profondeur émotionnelle.
GM Comment conciliez-vous vos connaissances techniques avec l’émotion ?
FP La technologie ne doit jamais prendre le pas sur l’humain, mais elle peut le servir. Mon passage dans le numérique, les startups, ma maîtrise des effets visuels, tout ça me donne une palette d’outils. Mais finalement, ce qui compte, c’est l’émotion.
GM Vous travaillez parfois en collaboration, comme avec Fabrice Pruniaux pour « Une voix que je ne connais pas »…
FP Cette collaboration était un essai, qui s’est transformé en révélation ! Nos deux univers très différents créaient une tension qui nous a d’abord gênés : là où il ciselait une réplique mordante, j’adoucissais par une situation plus tendre. Nous avons découvert que nos approches complémentaires produisaient quelque chose qu’aucun de nous n’aurait trouvé seul. Nous sommes les premiers surpris.
GM Votre héros Woody est un « imposteur professionnel » qui rend hommage à Woody Allen. Que révèle ce personnage sur votre vision du mensonge ?
FP J’aime beaucoup Woody Allen, le vrai, sa fraicheur. Même si je n’apprécie pas tous ses films, loin de là. Le personnage « Woody » incarne cette idée paradoxale que parfois, il faut mentir pour révéler la vérité. C’est un ange gardien déguisé en charlatan. Il ment sur son identité mais jamais sur ses intentions. Au fond, nous portons tous des masques. La question n’est pas de les condamner, mais de comprendre pourquoi nous en avons besoin et quand on peut les enlever.
GM Dès 1995, vous exploriez déjà ces territoires avec « Mon Dieu qu’avons-nous fait ? ». Qu’est-ce qui a changé en trente ans ?
FP Cette fiction radiophonique explorait la démesure de la parole d’un seul homme sur notre planète mondialisée. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, l’IA, cette question devient plus urgente. Mais paradoxalement, nous semblons aussi plus coupés de l’essentiel. Cette isolation au milieu des autres, cette fragmentation de nos vies… Il y a quelque chose de profondément absurde là-dedans.
GM Comment équilibrez-vous les genres dans vos projets ?
FP Je n’équilibre rien du tout ! Je muris des idées lentement, la plupart s’évapore, mais certaines restent, alors j’écris quelques mots, un début de quelque chose. J’ai des tas de débuts formidables. Ensuite, ces représentations du monde cheminent en moi par des voies inconnues. Elles peuvent être de toutes sortes. La vie elle-même est hybride : on peut rire et pleurer dans la même journée. Pourquoi enfermer les récits dans des cases étroites ? « Une voix que je ne connais pas » mélange comédie dramatique et dimension psychologique. « L’idole de Nara » marie comédie romantique et thriller économique. L’art peut refléter cette complexité. L’émerveillement n’obéit pas aux cases sous contrôle.
GM Vos projets semblent conçus pour toucher un public international. Est-ce délibéré ?
FP « L’idole de Nara » mélange français, japonais et anglais. C’est un témoignage d’amour pour le Japon, mais aussi une réflexion sur les décalages culturels. Les questions que les êtres humains se posent sont universelles, et les histoires que je raconte doivent l’être aussi. Je les veux compréhensibles, je veux qu’elles touchent les gens sans qu’ils doivent se tordre le cerveau pour comprendre et ressentir l’émotion qu’elles offrent.
GM Comment définissez-vous le rôle de l’auteur aujourd’hui ?
FP L’auteur doit poser les bonnes questions, sans forcément fournir des réponses tout le temps. Dans un monde où tout va vite, écrire c’est prendre le temps d’observer cette course folle, à travers des personnages que j’aime. Au cours de ma carrière, j’ai croisé beaucoup de monde, mais vraiment beaucoup. La section de mon cerveau nommée « inspiration pour des personnages de fiction » déborde de spécimens que j’adorerais insérer dans mes prochains projets. Ils viennent tous de petits morceaux de personnes rencontrées pour de vrai. Drôles, cocasses, néfastes, idiots, il y a de tout. Parmi tous ces gens (je parle des vrais), j’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui éclairent la société sans s’enorgueillir. J’aime m’inspirer d’eux et leur rendent hommage dans mes écrits.
GM Un dernier mot ?
FP Il y a quelque chose d’important dont on n’a pas parlé : la joie. Quand la joie est là, c’est que la mécanique de l’art fonctionne. Quand l’art nous offre la joie, on se sent simplement en vie, c’est déjà extraordinaire. Ça pourrait être un but en soi : offrir au plus de monde possible, une joie la plus profonde possible.








